Publié le 18/11/2009 à 21:05 par rassemblerlagauche
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jeudi 19 novembre 2009
Á LA UNE DE VOTRE JOURNAL DEMAIN
QU’EST-CE QU’ÊTRE CITOYEN AUJOURD’HUI ?
La droite cherche à imposer à la gauche et à l’ensemble de la société son débat sur « l’identité nationale ». Contre cette dérive identitaire, l’Humanité donne la parole à celles et ceux qui font vivre, par leurs luttes et leurs idées, une citoyenneté offensive.
Huit pages spéciales avec des entretiens et des points de vue d’historiens, de personnalités du monde associatif, de syndicalistes, d’acteurs culturels…
Répondez à la question du jour.
ÉLUS ET SYNDICALISTES DANS UN MÊME ÉLAN
Après la bronca qui a marqué la première journée du congrès des maires de France, les ministres ont tenté de contenir la fronde. Les syndicats ont manifesté contre les reculs sociaux et démocratiques.
Paroles de syndicalistes et d’élus.
PROCÈS DES MARINS DU PASCAL PAOLI
Quatre syndicalistes de la SNCM comparaissent devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits liés à la lutte de 2005.
Bernard Marty, ex-secrétaire CGT du CE, nous rappele le contexte.
EUROPE CHERCHE PRÉSIDENT
Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent pour désigner le président du Conseil. Tous le enjeux de cette désignation.
CENTRE DE TRI POUR LES DÉTENUS
Hérité des idéaux de l’après-guerre, le Centre national d’observation devait promouvoir des peines adaptées. Aujourd’hui, le gouvernement entend le mettre au service des lois sur la récidive.
Reportage à Fresnes.
LIBRES ÉCHANGES
Crise politique, crise économique, crise sociétale… Nos jeunes correspondants s’interrogent. Heureusement, il y a la poésie d’Allain Leprest…
C’EST UN SCANDALE !
Dans une vidéo, Nicolas sarkozy remet la Légion d’honneur à Dany Boon, se moque de ses origines et s’en prend aux intellectuels.
UNE PLANÈTE ET DES HOMMES
Sous l’égide de l’Unesco, le Manifeste pour l’avenir des système de connaissances plaide pour la réhabilitation des savoirs indigènes.
Comment l’Organistaion mondiale du commerce nuit au climat
UN MUR PEUT EN CACHER UN AUTRE
Quel est le réel visage de la nouvelle Allemagne ?
Une tribune de Boris Grésillon, Maître de conférences en géographie à l’université de Provence.
RENDEZ-VOUS DES LIVRES
A l’occasion du festival des Belles étrangères de Saint-Nazaire, dont l’Humanité est partenaire, rencontre avec Percival Everett, figure phare du roman américain contemporain. Il nous parle de son dernier roman, Le Supplice de l’eau.
L’HUMA VOUS INVITE AU NAUTIQUE
L’Humanité vous invite au Salon nautique de Paris, du 5 au 13 décembre 2009. Remplissez le formulaire en ligne pour recevoir vos invitations (nombre limité).
Dossiers
Publié le 12/11/2009 à 21:58 par rassemblerlagauche
Mis en ligne : 12 novembre
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Thèmes : Culture
Eric Raoult a écrit à Frédéric Mitterrand sur le « nécessaire devoir de réserve » dont doivent faire preuve les Lauréat du Prix Goncourt, en l’occurrence Marie N’Diaye, actuellement montrée du doigt pour avoir exprimé sa critique à l’égard du Gouvernement et du Président en août dernier.
Ces propos sont inadmissibles. Le gouvernement, parce qu’il se lasse déjà de taper sur les libertés des citoyens et des salariés, cherche maintenant à museler les artistes et à censurer leur liberté d’expression. Il s’agit là d’une grave atteinte à la liberté de parole des créateurs.
Le PCF demande que Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, condamne immédiatement et publiquement les propos odieux du Député Raoult et réaffirme le principe de la liberté pleine et entière des créateurs. La liberté d’expression est la base, le fondement de notre démocratie et le fait qu’un élu de la République se permettre de la remettre en cause doit être condamné fermement. Le devoir de réserve devrait parfois s’appliquer à certains politiques, députés, tentés de remettre en cause la liberté d’expression et la liberté de création !
Parti communiste français
Paris, le 12 novembre 2009.
Publié le 11/11/2009 à 08:09 par rassemblerlagauche
Mardi 10 Novembre 2009
ÉLECTIONS RÉGIONALES. Elle est la seule élue régionale communiste à prôner l'option Front de gauche plutôt que le ralliement avec Ségolène Royal dès le premier tour
Simone Fayaud, secrétaire départementale du PCF en Charente, se pliera au souhait des militants. (PHOTO Isabelle LOUVIER)
Simone Fayaud, secrétaire départementale du PCF en Charente, se pliera au souhait des militants. (PHOTO Isabelle LOUVIER)
Les communistes picto-charentais ont décidé de jouer l'originalité samedi, lors de leur conférence régionale : la majorité de leurs délégués se sont prononcés pour une union avec le PS dès le premier tour des régionales de 2010 sous l'égide de la présidente sortante Ségolène Royal. Un cas pour l'heure unique en France. Et qui va à contre-courant de l'offre de la direction nationale du PCF préconisant un rapprochement avec la gauche alternative, via le Front de gauche (voir notre édition d'hier, page Région).
Les délégués de la Charente-Maritime, qui représentaient à eux seuls la majorité des votants samedi, ont fait pencher la balance pour le mariage illico avec la dame du Poitou… Et les délégués de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente en ont été pour leurs frais. Seule des six élus communistes du Conseil régional à prôner l'option Front de gauche, la secrétaire départementale Simone Fayaud dit s'en remettre au vote des adhérents qui, les 19, 20 et 21 novembre, feront connaître leur choix définitif. Sachant que sur près de 2 000 adhérents communistes en Poitou-Charentes, environ 60 % dépendent de la fédération de Charente-Maritime.
« Sud-Ouest ».
Le résultat du vote des délégués régionaux du PCF, samedi, vous a-t-il surpris ?
Simone Fayaud. Non. Parce que les discussions ont montré en amont que les choses étaient tranchées, du moins en Charente-Maritime. Et dans la mesure où ce département pèse pour 60 % des délégués… Aujourd'hui, je prends acte du résultat du vote. Même si le débat n'est pas terminé puisqu'en dernier ressort, ce sont les militants qui trancheront.
Samedi, les délégués communistes du Poitou-Charentes ont été les seuls dans toute la France à demander l'union avec le PS dès le premier tour des régionales.
Comment l'expliquez-vous ?
Nous sommes dans une région particulière. N'oublions pas que Nicolas Sarkozy envoie l'un de ses ministres au combat. Les enjeux politiques sont importants, ici plus qu'ailleurs…
Vous qui plaidez pour l'option Front de gauche, la main tendue de Ségolène Royal vers le centre vous interpelle-t-elle ?
Cela me pose un problème de conscience. Ségolène Royal dit qu'il n'y aura pas d'accord de parti avec le Modem mais une ouverture vers des personnalités du centre. Il y a, dans cette position, au minimum, un manque de clarté de sa part… Et je n'ai pas eu plus d'éclaircissement du côté d'Europe écologie qui tend la main à des personnalités de droite, comme Corinne Lepage, et discute avec François Bayrou. Ce flou politique m'inquiète profondément…
La présence d'un Front de gauche au premier tour des régionales, avec en son sein un Parti communiste conservant sa propre identité, permettrait au moins de quantifier véritablement le poids d'une gauche qui plaide pour une politique radicalement alternative à la politique gouvernementale destructrice des acquis sociaux et démocratiques… Avec le Front de gauche, il s'agit de dépasser des modes d'union de la gauche qui n'ont pas permis, dans le passé, de changer la vie des gens. Ces élections régionales sont une occasion de dire pourquoi le PCF et le Front de gauche préconisent la rupture. Et, en tant qu'adhérente du PCF, je regretterais forcément que l'on perde cette occasion…
La gauche française, dans son histoire, s'est toujours construite sur deux socles, l'un social-démocrate et l'autre plus révolutionnaire. Cela n'empêche pas pour autant l'union : le PS n'est pas l'adversaire du Front de gauche et il n'y aurait eu aucune hésitation à militer pour l'union au second tour contre la droite, notre adversaire commun.
Malgré tout, si les militants vont dans le sens des délégués régionaux, y a-t-il un risque de scission au sein du Parti communiste ?
Non. il est clair que le vote des adhérents sera respecté. Aller au clash et s'asseoir sur le vote des adhérents communistes ne me paraît évidemment pas être la meilleure solution. Le débat politique va continuer quand même. On ne pourra pas faire l'impasse sur ce grand débat de fond…
Auteur : bertrand ruiz
b.ruiz@sudouest
site du PCF
Publié le 10/11/2009 à 21:53 par rassemblerlagauche
Conditions de travail, effectifs et rémunérations ont motivé hier les mouvements sur les lignes A et B du RER. Sur la ligne B, les salariés ont décidé la reconduction de la grève.
Un million de voyageurs à transporter chaque jour, le quotidien de la ligne A du RER n’est pas « galère » uniquement pour les usagers. Les conditions de transport déplorables pèsent également sur les salariés de la RATP. Quand s’accumulent les retards, ce sont aussi les amplitudes des journées de travail des conducteurs qui s’étendent. Au cœur du mouvement actuel des lignes A et B du RER, il y a bien les conditions d’exploitation et surtout le manque d’effectifs. Pour la ligne A, le préavis de grève avait été déposé par la CGT, la CFDT, la CFTC, FO, les indépendants, SUD et l’Unsa. Les revendications portent sur les effectifs, les rémunérations et les conditions de travail. La grève de vingt-quatre heures, très suivie par les salariés, a entraîné une quasi-paralysie du trafic puisque seule une rame sur dix a pu circuler. Le conflit de la ligne B est lié à l’harmonisation engagée depuis l’été 2008 pour la conduite des rames par les agents de la SNCF et de la RATP. Les deux sociétés gèrent ensemble cette ligne. Pour éviter un changement de conducteur à l’interconnexion de la gare du Nord, la plupart des trains sont désormais conduits par un « conducteur unique » de la SNCF ou de la RATP. Les syndicats CGT, FO et SUD du RER B appelaient hier à une grève reconductible pour obtenir l’intégration de la prime liée à la qualification accrue qu’entraîne la conduite sur l’ensemble de la ligne, dans le salaire de base. Lundi matin, les agents de la ligne B réunis en assemblée générale ont décidé à l’unanimité de reconduire leur mouvement pour aujourd’hui. Les organisations syndicales CGT, SUD et FO devaient être reçues par la direction lundi dans l’après-midi. Alors que le président du groupe UMP à la région, Roger Karoutchi, réclamait l’application du service minimum, Jean-Paul Huchon, président PS de la région Île-de-France, rappelait « qu’il revient aux entreprises de négocier avec leurs syndicats afin de gérer au mieux la formation et les conditions de travail de leurs agents ».
Olivier Mayer
l'Huma du 10 / 11 / 09
Publié le 10/11/2009 à 04:47 par rassemblerlagauche
SOS Racisme a remis hier, mercredi 4 novembre, son rapport sur le fichage ethnique dans les entreprises et saisi la justice sur le cas d’Eurodisney. Le géant des loisirs exige 80 % d’intérimaires de type « européen ».
Une « bombe ». C’est ainsi que le délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français d’outremer, Patrick Karam, qualifie le rapport que lui ont remis hier la Fédération nationale des Maisons des potes et SOS Racisme. Le sujet est explosif : le fichage ethno-racial des candidats à un logement ou à un emploi.
une loi ignorée par policiers et magistrats
C’est en travaillant sur le dossier d’Adecco Restauration, accusé de classer les intérimaires en catégories dont une désignait les personnes originaires d’Afrique, des DOM-TOM et d’Haïti, que SOS Racisme s’est intéressé à l’un de ses clients, Eurodisney, au point d’y envoyer les huissiers, hier matin à 9 heures. Le géant du loisir est en effet qualifié de « principal commanditaire de discrimination raciale », puisqu’il se plaignait sans cesse d’une présence trop importante d’intérimaires de couleur ou d’origine maghrébine. Alors que 80 % de la main-d’oeuvre d’Adecco Restauration était « non BBR » (non bleu, blanc, rouge), Eurodisney avait, lui, fixé son « quota » maximum à 20 %. SOS Racisme a ensuite découvert, sur le site Internet du groupe, un système de fichage ethno-racial des candidats à l’embauche. Il fallait choisir son « pays » parmi la France, la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Polynésie française, la Guyane française et la Nouvelle-Calédonie… Tous territoires de nationalité française. L’association a également découvert, dans le bilan 2007 d’Eurodisney, que les salariés étaient classés suivant des catégories déterminées en fonction de leur « nationalité » : « Afrique hors Maghreb, Afrique Maghreb, autres Antilles, Europe (Ouest), dont Français… » Comme le fait remarquer Samuel Thomas, président de la Fédération et vice-président de SOS Racisme, « cette stigmatisation des candidats originaires des DOM-TOM sous-entend nécessairement qu’il existe une différence de traitement des demandes de ces candidats qui sont pourtant tous bien des citoyens français ». Eurodisney ne se cache même pas de pratiquer une telle politique de recrutement et s’abrite derrière la référence à son type de clientèle. Puisque celle-ci est majoritairement européenne, argumente l’entreprise, les salariés doivent être majoritairement européens, même s’ils n’ont aucun contact avec cette clientèle. Face à ce cas de discrimination manifeste, SOS Racisme a donc sollicité une ordonnance auprès du président du tribunal de grande instance de Meaux, prise le 28 octobre, exécutable hier, pour faire saisir par un huissier de justice les fichiers des candidats à l’emploi et ceux des salariés.
« Pas de volonté politique »
Cette procédure s’avère en effet essentielle dans la sauvegarde des preuves pour établir la réalité du fichage ethno-racial, sanctionné par la loi depuis 1978 de cinq ans de prison et de 300 000 euros d’amende pour les personnes physiques, et de 1,5 million d’euros pour les entreprises. Une loi très peu appliquée, et pour cause : elle n’est connue ni des policiers ni des magistrats. Au point que la police refuse même d’enregistrer des plaintes et que les parquets et les juges d’instruction se font tirer l’oreille pour intervenir. De même, la formation qui était prévue sur le sujet à l’École de la magistrature n’a jamais vu le jour.
SOS Racisme pointe toutefois le laxisme de la Commission nationale de l’informatique et et des libertés, qui aurait dû se saisir des dérives concernant ce type de données personnelles, théoriquement protégées. Actuellement, c’est l’association qui forme des requêtes pour nourrir les dossiers et recueillir les preuves, se livre à l’analyse statistique, identifie les salariés à faire entendre par le juge et effectue la recherche des victimes… Patrick Karam transmettra demain le rapport au conseil interministériel sur l’Outre-Mer que doit présider Nicolas Sarkozy. « L’arsenal judiciaire est complet et suffisant, ce qui manque c’est la volonté », a poursuivi M. Karam.
Émilie RIVE
site de l'Huma
Publié le 09/11/2009 à 20:54 par rassemblerlagauche
novembre 9, 2009 in Fête de l'Humanité, L'Humanité, PLH, Palestine, Patrick Le Hyaric, Salah Hamouri, patricklehyaric.eu, patricklehyaric.net | Tags: Droits de l'Homme, International, Liberté
De sa prison, Salah Hamouri a fait parvenir par l’intermédiaire de sa maman, le message suivant dont nous publions quelques extraits :
Salah Hamouri Blog de Patrick Le Hyaric
La cause palestinienne fait partie des causes justes dans le monde, la souffrance du peuple palestinien et l’injustice à son égard concerne la lutte de tous les peuples opprimés dans le monde.
Toutes les tentatives faites pour briser nos volontés et transformer notre société en un monde vide de tous sentiments humanitaires nous rappellent qu’il est de notre devoir de défendre les causes humaines justes et de respecter le droit des peuples a disposer d’eux même. (…)
(…) Nous savons que vous êtes là avec nous pour que ces objectifs de l’occupation n’aillent pas jusqu’ au bout.
Mes camarades et moi-même remercions toutes celles et ceux qui ont travaillé et insisté afin que le rapport Goldstone ne soit pas oublié quelque part.
Personnellement, je ne saurais jamais assez vous remercier pour toutes les lettres et messages de soutien. J’ai reçu beaucoup de courriers me parlant de la dernière fête de l’Humanité et de toute la solidarité autour de la Palestine et des prisonniers. Quand je reçois des nouvelles de tout ce que vous faites pour demander ma libération cela m’aide à garder le moral et ça me redonne du courage.
Avec toute mon amitié.
Salah Hamouri
Section 4.
Prison de Guilboa
Le 20 octobre 2009
Publié le 09/11/2009 à 04:59 par rassemblerlagauche
Á deux reprises en quelques jours, l’Élysée a fortement suggéré aux producteurs de légumes de recourir à des contrats précaires de type Bolkestein pour embaucher à vil prix des travailleurs d’Europe centrale dans les serres et dans les champs.
L’information qui suit ne devait pas sortir. D’ailleurs, l’Agence France-Presse ne s’y était pas encore intéressée, hier, en milieu d’après-midi. La veille, pourtant, Reuters indiquait dès 16h16 depuis Strasbourg que le conseiller agricole de l’Élysée avait suggéré aux producteurs français de légumes « de faire venir des intérimaires polonais aux conditions du pays d’origine » pour travailler dans les champs de légumes et dans les serres de l’Hexagone…
L’information a été donnée à notre confrère Gilbert Reilhac par Denis Digel, producteur alsacien de légumes et administrateur de Légumes de France, un syndicat spécialisé de la FNSEA. Récemment, Denis Digel accompagnait à l’Élysée Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France. Évoquant les propos du conseiller agricole de l’Élysée Christophe Malvezin, le maraîcher alsacien a déclaré à Reuters : « souhaitent nous aider à créer des structures d’intérim à l’étranger pour faire venir des salariés. Ce n’est pas ce que veut la profession. On l’a toujours dénoncé (…), on ne peut pas tolérer qu’on fasse venir des travailleurs étrangers dans nos entreprises alors qu’on se bat pour le développement de l’emploi local »
On peut donc dire aujourd’hui que l’Élysée fait le forcing pour que le syndicalisme agricole majoritaire collabore afin de mettre en place un système de précarisation massive
Sollicité par Gilbert Reilhac pour Reuters, Christophe Malvezin a expliqué dans la soirée de jeudi que sa proposition était « d’analyser ce qui se passe dans les autres pays », conformément au souhait exprimé par le président de la République dans son discours de Poligny. Ce dernier avait en effet donné une feuille de route en ce sens à Bruno Le Maire, son ministre de l’Agriculture. Selon Reuters, la proposition a également été formulée par le conseiller de l’Élysée devant un responsable agricole du Vaucluse le mercredi 4 novembre. On peut donc dire aujourd’hui que l’Élysée fait le forcing pour que le syndicalisme agricole majoritaire collabore afin de mettre en place un système de précarisation massive et de sous-rémunération des salariés de l’agriculture. Cette offensive est aujourd’hui en vigueur dans des pays qui ont transposé en droit intérieur la directive Bolkestein, amendée et finalement votée par une majorité de parlementaires européens, dont ceux de la droite française. Et les dégâts qu’elle occasionne vont bien au-delà de la baisse des coûts du travail saisonnier dans les serres, les champs de légumes et les vergers.
En Allemagne, les porcheries industrielles, les abattoirs et leurs ateliers de découpe fonctionnent désormais avec de plus en plus de main-d’œuvre polonaise, roumaine ou bulgare. L’absence de salaire minimum dans les régions autonomes de notre voisin d’outre-Rhin facilite cet appel à la main-d’œuvre étrangère cantonnée dans les contrats précaires renouvelables pour les tâches les plus difficiles et les plus faiblement rémunérées.
L’Europe délocalise les travailleurs pour réduire encore la part des salaires
Selon une étude rendue publique le 17 février 2009 en France par l’Institut du porc, dès 2008, plus des deux tiers des salariés de l’industrie de la viande porcine en Allemagne étaient des travailleurs des pays d’Europe centrale fournis par des prestataires de services. Cette étude indiquait que le coût de cette main-d’œuvre était de 7 euros de l’heure pour les industriels allemands de la découpe contre 15 euros avec des nationaux et 20 euros en France. L’étude ajoutait à ce propos : « On estime que cette situation s’est traduite par un avantage de coût de la main-d’œuvre d’au moins 5 centimes par kilo traité en abattage-découpe. Les abattages allemands sont en forte croissance ces dernières années (…). Ce système gagne plusieurs pays européens comme l’Irlande ou le Royaume-Uni. On estime que l’Espagne bénéficie d’un avantage du même ordre. Le Danemark, l’Allemagne, l’Espagne ont aussi plus de facilité pour employer de la main-d’œuvre étrangère dans les élevages ». Faute de pouvoir délocaliser certaines productions agricoles aussi facilement que des activités industrielles et de services, l’Europe délocalise les travailleurs pour réduire encore la part des salaires dans la valeur ajoutée. La voilà, la signification de la proposition faite par Nicolas Sarkozy dans son discours de Poligny le 27 octobre.
Gérard le Puill
site de l'Huma
Publié le 08/11/2009 à 21:49 par rassemblerlagauche
Le PCF condamne les maneouvre contre le retour de la démocratie au Honduras .
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Accueil > Dossiers et actualités > Monde
Mis en ligne : 6 novembre
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Thèmes : Relations internationales|Monde : Droits des peuples - Revendications sociales
En s’opposant à la restitution dans ses fonctions du président élu du Honduras, le régime de facto issu du coup d’État du 28 juin dernier a fait échouer le retour de la démocratie. C’est une décision lourde de conséquences pour le peuple de ce pays.
Le Parti communiste français condamne cette violation des engagements pris après des négociations longues et difficiles.
En s’opposant à la restitution dans ses fonctions du président élu du Honduras, le régime de facto issu du coup d’État du 28 juin dernier a fait échouer le retour de la démocratie. C’est une décision lourde de conséquences pour le peuple de ce pays.
Le Parti communiste français condamne cette violation des engagements pris après des négociations longues et difficiles.
Il s’agît, de toute évidence, d’une manœuvre de plus visant à mettre le peuple hondurien et la communauté internationale devant le fait accompli. C’est aussi une tentative d’imposer la tenue des élections, prévues pour le 29 novembre prochain, sous le contrôle d’un régime illégitime et autoritaire qui ne cherche qu’à pérenniser les privilèges d’une classe dominante en refusant des réformes pour plus de justice sociale et de démocratie.
Les objectifs sont clairs : écarter à tout prix la possibilité d’un gouvernement progressiste au Honduras et arrêter les avancées des forces progressistes en Amérique centrale.
Malgré les déclarations du président Barack Obama en faveur du retour du président légitime au Honduras, les États-Unis soutiennent les agissements du gouvernement de facto. Washington légitime ainsi le coup d’État et impose l’impunité des crimes commis durant ces mois de dictature.
Il est du devoir du gouvernement français et de l’Union européenne de ne reconnaître ni le gouvernement que Roberto Micheletti, dirigeant des putschistes, ni les élections tenues dans ces circonstances.
Une prise de position ferme et déterminée signifie la mise en place de sanctions telles que le gel des avoirs de ceux qui soutiennent le coup d’État au Honduras et l’exclusion de tout accord commercial ou de coopération de l’UE avec ce pays, ainsi que le soutien aux représentants du gouvernement du président Manuel Zelaya en Europe.
Le Parti communiste français réaffirme sa solidarité avec le peuple hondurien, avec le président légitime Manuel Zelaya et avec les forces démocratiques et progressistes qui luttent avec un grand courage pour le retour de la démocratie et de l’ordre constitutionnel.
Parti communiste français
Paris, le 6 novembre 2009.
Publié le 08/11/2009 à 19:31 par rassemblerlagauche
Accueil > Dossiers et actualités > Environnement
Mis en ligne : 6 novembre
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Thèmes : Environnement
La négociation engagée au sein de l’ONU s’achèvera en décembre à Copenhague et doit déboucher sur des engagements contraignants pour une réduction des gaz à effets de serre. Le texte adopté remplacera le protocole de Kyoto aux résultats décevants et non ratifié par les Etats-Unis.
Comment penser la vie des hommes et des femmes sur une planète dont les ressources naturelles sont devenues si rares qu’il faut que les populations se battent pour y accéder ? Pour le PCF, justice sociale et environnementale ont partie liée. Une délégation du PCF participera à la conférence de Copenhague. Un tract est disponible pour téléchargement.
Sommaire
* Les effets dévastateurs du (…)
* Les défis de Copenhague
* Que proposent les communistes
Les effets dévastateurs du réchauffement
Selon le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement pourrait atteindre jusqu’à 4° à la fin du siècle. Les principaux pays pollueurs doivent impérativement réduire leurs émissions de 25 à 40% d’ici 2020 pour contenir le réchauffement à moins de 2° en moyenne. Et, donc, ralentir ses effets négatifs : désertification, famine, épidémies, inondations, migrations de populations…
Le Forum Humanitaire Mondial chiffre l’impact du réchauffement à 300 000 décès par an et selon l’Observatoire International pour les Migrations le nombre de « migrants environnementaux » atteindra 200 millions d’ici à 2050.
Les défis de Copenhague
Pour 2050, il faut diviser par 4 les émissions des pays industrialisés et par 2 celles de l’ensemble du monde. Bien que désireux de limiter le réchauffement climatique à 2°, Etats-Unis et Japon proposent des objectifs pour 2020 bien insuffisants. L’Union européenne est un peu plus ambitieuse mais ne s’engagera pas sans l’appui des principaux pays pollueurs. Les pays en développement invitent les pays industrialisés à montrer l’exemple.
Cette situation d’urgence amène les pays émergents et en développement à insister sur la responsabilité des pays industrialisés. L’opinion publique et le mouvement social doivent eux aussi prendre en compte ces enjeux environnementaux pour exiger de la part de chaque État des engagements en matière de réduction des gaz à effets de serre.
Le PCF exige à ce sujet de la France et de l’Union européenne des propositions précises et chiffrées.
Que proposent les communistes ?
Il faut remettre en cause le capitalisme qui impose des fonctionnements économiques néfastes pour l’environnement. Les communistes souhaitent que les ressources naturelles soient considérées comme biens communs de l’humanité et non comme marchandises et sources de profits.
L’urgence est au développement de toutes les énergies non productrices de gaz à effets de serre. Pour autant, le droit à l’énergie doit être garanti à tous. A court moyen terme le nucléaire est incontournable. Le PCF se prononce pour un vaste plan de développement des énergies renouvelables. La recherche fondamentale et appliquée doit prendre prendre un nouvel essor car ces sources d’énergies sont complémentaires. La production d’électricité doit être développée et organisée dans le secteur public qui assurera une véritable sureté et transparence avec de nouveaux droits de regards et d’intervention des salariés, des citoyens et des élus. Cela s’accompagne de moyens pour l’émergence d’une 4ème génération de centrales nucléaires, plus sures, plus économes et moins productrices de déchets.
Il est impératif de stopper les directives européennes de libéralisation qui visent à soumettre l’énergie aux exigences des marchés financiers. Une mobilisation financière conséquente est indispensable pour développer les transports en commun de service public et les transports propres (rail, fluvial), l’isolation des bâtiments, la voiture de l’après pétrole… Le PCF refuse tout nouvel impôt qui, telle la taxe carbone, viserait de façon injuste, inefficace et inégalitaire les ménages. Il suffirait d’imposer les super-profits des groupes pétroliers comme Total, la spéculation financière et de réduire les dépenses nucléaires militaires.
A l’échelle du monde, un nouveau mode économique et financier est nécessaire pour accompagner les pays les plus pauvres dans une démarche de coopération et de développement. A cette fin, les communistes proposent la création d’une Agence Mondiale de l’Environnement qui rendrait cohérent le développement durable de la planète en matière sociale et environnementale.
Il y a urgence à ce que chacune et chacun s’empare de ces enjeux. Les communistes sont disponibles pour ouvrir des espaces publics de débat, de confrontation, de rassemblement et de luttes, dans le respect des opinions des uns de des autres.
site du PCF
Publié le 06/11/2009 à 04:24 par rassemblerlagauche
Molex, le voyage de syndicalistes à Chicago
Guy Pavan et Denis Parise, syndicalistes CGT de Molex, sont allés manifester, la semaine dernière, devant le siège social de la multinationale, près de Chicago. Ils ont été refoulés de l’assemblée générale des actionnaires mais ont également pu nouer des contacts avec les syndicats états-uniens.
Par Guy PAVAN
Théâtre d’un long et emblématique conflit social, l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), ne produit plus de connecteurs électriques pour automobiles. La multinationale, basée aux États-Unis, n’a même pas pris la peine de respecter la loi française pour délocaliser la production, fermer le site et le vendre au fonds d’investissement HIG. Celui-ci ne conserve qu’une vingtaine d’emplois, peut-être une cinquantaine, sur les deux cent quatre-vingt-trois. Malgré ses engagements, le gouvernement n’a pas trouvé de repreneur digne de ce nom. Sur place, les syndicats se battent pour que se tienne une table ronde sur l’activité industrielle et obtenir des constructeurs automobiles, PSA et Renault, donneurs d’ordres de Molex, qu’ils s’engagent sur un carnet de commandes qui permettrait le redémarrage de la production. Même s’ils ont les yeux tournés vers un autre avenir, les salariés n’en ont pas tout à fait fini avec leur patron voyou. Au point que deux d’entre eux, Denis Parise et Guy Pavan, syndicalistes de la CGT, ont effectué le voyage jusqu’aux États-Unis, à Chicago, ville qui accueille le siège social de Molex. À la demande de l’Humanité, Guy Pavan a tenu un carnet de bord.
JEUDI 29 OCTOBRE
Nous avons rendez-vous devant les bureaux d’enregistrement de Roissy-Charles-de- Gaulle avec Hélène Bouneaud, conseillère de la CGT pour les questions internationales, et Chrystel Jaubert, journaliste à la NVO. 8 h 30 : rencontre avec Hélène, que nous ne connaissions pas. Nous remplissons les formalités d’embarquement. Arrivée de Chrystel. 11 heures : décollage.
- JEUDI, 14 HEURES (Heure locale)
Arrivée à Chicago. Passage par les services de l’immigration pour le contrôle des passeports. Hélène passe sans problème, Chrystel également. Nous remarquons avec Denis un agent de police corpulent qui ne cesse de nous dévisager. C’est au tour de Denis de se présenter au contrôle : remise du passeport et des documents à remplir pour entrer sur le territoire américain, prise des empreintes digitales, photo. Puis l’agent de police qui nous dévisageait vient récupérer le passeport de Denis et lui fait signe de le rejoindre. Je me doute qu’il va en être de même pour moi. Effectivement, après les formalités d’usage, même sanction. L’agent de police nous conduit dans un poste pour un contrôle plus approfondi. Hélène, qui parle couramment anglais, veut intervenir pour savoir ce qui se passe : l’agent lui fait comprendre d’un geste de la main et sans sourire qu’elle doit s’écarter. Nous voilà donc dans une salle avec de nombreuses autres personnes à attendre on ne sait trop quoi. Environ toutes les dix minutes, des personnes sont appelées par des agents de police : les passeports leur sont rendus et elles peuvent partir. Plus d’une heure après, nous sommes toujours là sans savoir pourquoi. Ça devient inquiétant. Il est interdit de téléphoner et d’informer nos camarades de ce qui arrive. Enfin, je suis appelé par un agent. Je le suis dans un bureau. Il me questionne et je lui fais comprendre que je ne parle pas anglais. Il s’absente. Retour un bon quart d’heure après avec une hôtesse d’Air France qui va servir d’interprète. L’agent de police me soumet à un questionnaire sur le motif de ma venue à Chicago. Le ton est correct. Je peux retourner à la salle d’attente et c’est au tour de Denis de passer à l’interrogatoire.
- JEUDI, 16 HEURES
Denis me rejoint. L’hôtesse d’Air France vient nous voir et nous dit que cela va s’arranger rapidement. À 17 heures, nous sommes toujours là. Je suis appelé une deuxième fois. J’entre dans le bureau, un deuxième agent de police est présent pour faire l’interprète : il parle français, mais très mal. C’est lui qui pose des questions que je ne comprends pas du fait de son mauvais français, mais je sens dans le ton un durcissement. Devant mon incompréhension sur les questions posées, l’autre agent de police sort d’un dossier des photocopies d’articles de presse sur le conflit Molex à Villemur. Il prend une photocopie avec photo me montrant lors d’une prise de parole devant la porte de l’entreprise. Très sèchement, il m’est demandé si c’est moi. J’acquiesce et je peux rejoindre Denis dans la salle. Hélène a réussi à nous rejoindre et elle donne à l’agent les mandats attestant que nous allons bien à l’AG des actionnaires de Molex. L’agent les prend ainsi que son passeport. Hélène nous informe que Chrystel, dehors, rameute les camarades des syndicats américains. À cet instant, nous sommes quand même très inquiets même si la remise des mandats les a quelque peu perturbés. L’hôtesse d’Air France revient voir les forces de police. Elle nous dit que cela va s’arranger rapidement. Il est 18 heures et elle nous avait dit la même chose deux heures avant.
- JEUDI, 18 H 30
Enfin les passeports nous sont rendus et nous pouvons pénétrer sur le territoire des États-Unis. Nous retrouvons Chrystel, aux côtés du président du syndicat WU (Workers United) dans le Middle West, Noël Beasley. On apprend qu’il est intervenu pour qu’on nous laisse passer. Noël nous amène à l’hôtel où nous arrivons vers 20 h 30.
VENDREDI 30 OCTOBRE
- VENDREDI, 7 H 30
Noël nous récupère pour aller à l’AG des actionnaires de Molex à Lisle, siège social du groupe. Arrivée devant le siège vers 8 h 45. Nous sommes attendus pas une cinquantaine de manifestants venus nous soutenir et qui brandissent des pancartes demandant justice pour les salariés de Molex. Ils sont tous adhérents ou responsables de syndicats. L’ambiance est extrêmement chaleureuse. Denis et moi portons des autocollants CGT. Certains connaissent notre syndicat. United Electric (UE) et WU ont déjà travaillé avec la CGT par le passé. Les manifs n’ont pas le droit de rester statiques, c’est pourquoi nous faisons des allers et retours pendant trois quarts d’heure, sous la pluie, devant le siège de Molex ! Un syndicat de chauffeurs routiers est aussi présent avec un camion mais celui-ci n’a pas eu l’autorisation de stationner : alors il passe et repasse et klaxonne à chaque fois ! Une femme vient nous voir : elle nous a reconnus. Elle est archiviste et était venue à Villemur-sur-Tarn pendant plusieurs mois pour scanner les plans des machines. Depuis, elle a été licenciée par Molex… Un responsable syndical prend la parole : il dit qu’il faut rester unis contre les fonds de pension. Puis c’est notre tour. J’ai improvisé pendant cinq minutes, d’abord pour remercier les camarades américains de leur accueil, ensuite pour dire que face aux multinationales les salariés doivent s’organiser mondialement. Hélène traduisait.
- VENDREDI, 10 HEURES
Direction vers le lieu de l’AG des actionnaires. Des voitures de police arrivent, au grand étonnement des syndicats américains. Nous sommes stoppés devant l’entrée du siège par le service de sécurité de Molex et une femme demande à contrôler nos identités et nos mandats. Nous pouvons entrer dans la propriété et arrivons devant le bâtiment où se tient l’AG. Nous pénétrons dans le hall et nous sommes arrêtés cette fois par le service de sécurité de Molex et repoussés à l’extérieur. Nous présentons à nouveau les mandats, mais ils ne veulent rien savoir. Hélène insiste sur l’illégalité de leur comportement. Rien à faire. Le ton monte. Ils disent qu’ils vont nous faire arrêter si nous ne quittons pas les lieux dans les deux minutes. Ross Hyman, représentant du syndicat AFL-CIO qui détient des actions dans le groupe Molex, est à nos côtés et a toute légitimité en tant qu’actionnaire pour participer à l’AG : il est lui aussi refoulé ! Il y a un fort énervement du côté des vigiles, nous n’insistons pas et rejoignons les manifestants, encadrés par les services de sécurité de Molex et les forces de police arrivées en nombre (cinq ou six voitures). Denis et moi, nous n’étions pas très étonnés par leur rejet : on a vu comment la direction de Molex se comporte à Villemur ! Toute cette armada nous a collés jusqu’à la dislocation de la manif mais, avant, Hélène a pris la parole pour raconter ce qu’il s’est passé. Les manifestants ont hué Molex ! R e t r o u v a i l l e s a v e c quelques syndicalistes dans un café-snack. Les flics et un véhicule de la sécurité de Molex nous ont suivis jusqu’au bar. À l’intérieur, nous discutons de l’événement, qui surprend les syndicalistes. Nous attendons le responsable de l’AFL-CIO, Ross Hyman, qui tente encore d’accéder à l’AG. Arrivée de celui-ci. Il vient de se faire définitivement expulser de l’AG par Molex. Les camarades américains se rendent concrètement compte du comportement de la direction de Molex et sont extrêmement surpris de la présence aussi forte de la police et du rôle qu’elle a joué.
- VENDREDI, 13 HEURES
Nous partons vers les locaux du syndicat WU où nous prenons un repas avec des syndiqués. Après-midi de rencontre avec des entreprises en lutte et leurs délégués. Nous relatons notre lutte et eux la leur. Il y a là des salariés d’une entreprise de confection. Et des syndicalistes UE d’une entreprise qui produit à grande échelle des fenêtres. Ils suivaient notre lutte à Villemur depuis longtemps, se souvenaient que nous avions retenu deux dirigeants, voulaient savoir comment on avait fait ! Dans cette entreprise de fenêtres, ils ont occupé l’usine pendant dix jours et les salariés, surtout des femmes, se sont enchaînés aux machines pour qu’elles ne partent pas.
SAMEDI 31 OCTOBRE
Le matin, avec Chrystel, Hélène et Denis, nous sommes allés à pied nous promener le long des quais de Chicago, sur les bords du lac Michigan. Il faisait froid. J’avais envie de rentrer à la maison. Je n’aime pas les voyages. L’après-midi, nous nous retrouvons dans des locaux syndicaux avec l’UE et le WU pour parler de l’immigration, de la santé et de la syndicalisation. Les discussions avaient lieu en anglais, c’est surtout Hélène qui participait. Les États-Unis sont un pays fait d’immigrés et ils ont un problème avec l’immigration. Ça me dépasse. Les syndicalistes se bagarrent pour avoir un système de santé pour tous. Ils envient le nôtre, qu’on est en train de détruire. Là, il y a des convergences entre nous.
- SAMEDI,16 HEURES
Noël nous conduit jusqu’à un cimetière à l’extérieur de Chicago où a été dressée une stèle à la mémoire des grévistes de 1886, les martyrs de Haymarket, qui revendiquaient la journée de travail de huit heures. La police avait tiré sur les manifestants. Des leaders socialistes ou anarchistes ont ensuite été pendus. La grève avait débuté autour du 1er mai. Cette date est devenue ensuite la Fête des travailleurs dans le monde. Pour Noël, c’était important de nous amener en ce lieu.
DIMANCHE 1ER NOVEMBRE
Nous nous baladons dans les rues de Chicago. Il y a des taxis partout. Les immeubles sont si hauts qu’on ne voit pas le soleil.
- DIMANCHE, 20 HEURES
Arrivée à l’aéroport pour prendre l’avion du retour. Je fais le constat que, d’un bout à l’autre de la planète, les ouvriers subissent les mêmes pressions, ont les mêmes problèmes face à un patronat qui a les mêmes objectifs. Face à ce patronat qui est organisé mondialement, nous avons la conviction que, pour le contrer, il faut créer des liens très forts entre les syndicats ouvriers, surtout dans les multinationales. L’initiative de la CGT de nous amener à l’AG des actionnaires avec l’aide des syndicats des États-Unis participe à cette unité.