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Rassembler la GAUCHE
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26.03.2007
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UNIVERSITE .

Posté le 26.09.2007 par rassemblerlagauche

Libertés et Responsabilités des Universités. Vraiment ?

Par Pierre BOUKHALFA le mercredi 26 septembre 2007, 07:30 - Education - Culture - Lien permanent

* CGT
* Education
* Jeunesse
* Syndicalisme

Adresse aux personnels et aux étudiants

Une attaque sans précédent contre l’enseignement supérieur français
La loi « libertés et responsabilités des universités », adoptée par le Parlement dans l’urgence est publiée au JO du 11 Août 2007.
Le calendrier d’application est tout aussi précipité : les 84 universités sont censées se mettre en conformité d’ici le 11 Août prochain.

Le calendrier imposé par la loi
- adoption avant le 11 février de nouveaux statuts conformes à la loi, sinon le ministère imposerait un CA de 20 membres et un statut type.
- élection des nouveaux CA et des CS et CEVU avant le 11 août 2008
- élection des nouveaux présidents d’université, ou confirmation de ceux qui, élus actuels, avaient encore plus de 6 mois de mandat à courir.

Cette loi met en cause le modèle universitaire français, les libertés académiques, le pluralisme des idées et l’égalité de traitement sur tout le territoire. Elle est inacceptable ! Il faut la changer !
Cette loi porte la menace d’un désengagement financier de l’Etat : des mesures comme le transfert du patrimoine de l’Etat aux établissements d’enseignement supérieur ou les possibilités étendues de création de fondations mettent en cause l’égalité de traitement et peuvent amener à des opérations de bradage du patrimoine (possibilité de vente), ou de partenariat étroit avec des entreprises, dans un contexte de manque des crédits nécessaires. Ce désengagement est confirmé par l’absence de collectif budgétaire 2007 et par un projet de budget 2008 sans création d’emplois pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche, mais marqué par un effort financier massif, sans contreparties, en direction du crédit impôt recherche, c’est-à-dire des entreprises.

La loi constitue une attaque contre les statuts des personnels BIATOSS et enseignants chercheurs :
- elle modifie les modalités de recrutement des enseignants-chercheurs, au détriment de leur fondement disciplinaire et de la collégialité (composition du comité de sélection, disparition annoncée des Commissions de Spécialistes et transfert de leurs autres missions au Conseil Scientifique), fragilisant ainsi la liberté de développement de thématiques de recherche et de constitution d’équipes et la qualité de l’enseignement ;
- la loi donne la possibilité aux présidents – et ceci peut être étendu aux autres établissements d’enseignement supérieur publics – de recruter des contractuels en CDD ou en CDI pour assurer des fonctions d’encadrement technique et administratif ou d’enseignement et de recherche ;
- les pouvoirs des présidents – qui pourront être réélus – sont aussi considérablement accrus, notamment en matière de personnels (nomination avec droit de veto, services, octroi local des primes, …).

Le statut de la fonction publique d’état doit être clairement garanti pour le recrutement des personnels. La résorption de la précarité nécessite la création de postes de titulaires en nombre suffisant. Conformément à la tradition universitaire et dans le but de garantir la qualité et l’indépendance scientifique et pédagogique des enseignants-chercheurs, la liberté de la recherche, le recrutement des enseignants chercheurs doit s’appuyer sur les fondements suivants : champ disciplinaire concerné, présence de pairs majoritairement élus, parité entre les catégories d’enseignants chercheurs.

Le fonctionnement des universités est mis en cause : diminution drastique du nombre de membres élus du CA mettant en cause le pluralisme scientifique et démocratique; sous-représentation des personnels BIATOSS, des étudiants, « prime majoritaire » dans les collèges d’enseignants-chercheurs pour la désignation au conseil d’administration. La possibilité d’exercer un contrôle démocratique des décisions par les élus des listes minoritaires est niée, ce qui risque d’exacerber des tensions artificielles entres disciplines et collègues et entre secteurs. Par ailleurs, pour les personnalités extérieures nommées par le président, il y a déséquilibre au niveau de la représentation du monde économique et social, à l’avantage des chefs d’entreprise et au détriment des représentants des salariés.

La vie démocratique des universités et des autres établissements d’enseignement supérieur doit être améliorée et permettre notamment la participation aux décisions des étudiants et des personnels de toutes catégories (enseignantschercheurs, enseignants, chercheurs, BIATOSS), de tout secteur et des diverses sensibilités.

Seul le service public de formation supérieure et de recherche est capable d’investir l’avenir !

Répartie également sur tout le territoire, l’augmentation du budget de l’enseignement supérieur de 1, 8 milliards d’euros promise en juillet doit permettre des créations d’emplois de personnels titulaires en nombre suffisant, le financement de l’enseignement et de la recherche tout comme celui des bâtiments et de la vie étudiante.

La lettre de mission de N. Sarkozy à V. Pécresse, les diverses déclarations gouvernementales et les mesures accompagnant cette loi éclairent les objectifs du gouvernement. Ainsi, au niveau des EPST, ce sont les missions qui seraient remises en cause par leur transformation en agences de moyens, l’abandon de l’évaluation des unités par le Comité National, avec l’affectation des chercheurs et ITA dans les laboratoires gérés par les universités. Ainsi encore, s’il a dû renoncer à inscrire la sélection en Master dans le texte, le gouvernement – comme l’attestent les déclarations de la Ministre (mesures d’orientation pour la fin du 1er semestre de licence, par exemple) – n’a pas renoncé à ses intentions. Le chantier « vie étudiante » se traduit par l’absence de mesures significatives à cette rentrée concernant l’amélioration des aides sociales et le logement étudiant, et l’incertitude sur le devenir des OEuvres Universitaires.

Cette loi est présentée comme LA solution aux problèmes des universités, alors que l’enseignement supérieur souffre aujourd’hui d’un manque de moyens et d’unité. L’enjeu majeur de la réussite initiale des étudiants nécessite une transformation des premiers cycles universitaires et de l’aide sociale aux étudiants.

Au lieu de confisquer l’avancée des connaissances au service d’intérêts économiques et marchands et de limiter l’accès au plus haut niveau de connaissances d’un grand nombre de jeunes et d’adultes, il faut aller vers 3 millions d’étudiants, 15000 docteurs. Le rapport de l’OCDE de septembre 2007 montre le retard pris par notre pays en la matière.

Les organisations signataires appellent
• les personnels et les étudiants à débattre dans les établissements (réunions d’information, assemblées générales intersyndicales, assises locales de la recherche, instances des établissements, …) du contenu et des conséquences de cette loi et de cette politique ; ils pourront trouver dès maintenant dans la signature de l’Appel des Cordeliers lancé en juillet (www.universite-recherche-democratie.fr) une première forme de résistance solidaire et collective ;
• la communauté universitaire et scientifique à décider démocratiquement d’actions pour s’y opposer et pour construire l'élaboration d'un tout autre cadre législatif, avec une programmation budgétaire pluriannuelle qui rende caduc le texte du 10 août dont les dispositions sont dangereuses pour les universités, les autres établissements d’enseignement supérieur et la recherche.

Signataires :
FSU : SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP
CGT : FERC SUP, SNTRS, UGICT, CGT CROUS,
UNSA : SUP’RECHERCHE, SNPTES, A&I
SUD : SUD-EDUCATION, SUD-RECHERCHE-EPST, SUD ETUDIANTS
UNEF
SLR



--

Bayrou-PS,PS-Bayrou ?

Posté le 26.09.2007 par rassemblerlagauche



Propos de Pierre Moscovici : Evaluer la compatibilité de Bayrou avec le PS ,est un jeu de dupe

Par Olivier Dartigolles le mardi 25 septembre 2007, 16:35 - Lien permanent

COMMUNIQUE DE PRESSE

Pierre Moscovici, Député socialiste du Doubs, s'est prononcé aujourd'hui sur France 2, pour un « dialogue critique avec le centre », « pour vérifier ce qui est convergences et divergences entre nous ».

_________________________________________
Depuis vingt ans, François Bayrou est un homme de droite : par son itinéraire, les responsabilités qu'il a exercé au sein des gouvernements de droite et par son projet politique. Prétendre aujourd'hui, qu'il y a besoin de dresser une sorte d'inventaire pour évaluer une possible compatibilité avec le Parti socialiste est un jeu de dupe.

Lorsque François Bayrou estime « qu'il ne peut y avoir de réforme des institutions sans les voix du PS ou celles de mon courant politique », cela frise le ridicule. Qui peut croire que sans groupe modem au Sénat et trois députés, le Modem est en position d'arbitre parlementaire ?

Au moment où la droite entreprend de liquider le modèle social français, sans que François Bayrou n'y voit grand chose à dire, partageant en cela les propositions du Président de la République, l'heure est à la riposte et pas aux rapprochements douteux.

Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF.

Paris, le 25 septembre 2007.

Mr COUCHNER ( 2 )

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche


TOTAL , Kouchner et les ESCLAVES .

21 MAI 2007

Par Pierre BOUKHALFA le lundi 21 mai 2007, 07:53 - Campagne Electorale - Lien permanent

l’article n’est pas tout jeune mais il est temps de rappeler au public qui se cache derriére le masque ” humanitaire ” de Kouchner

Lors de son enquête en Birmanie à la demande de Total, Kouchner n’avait pas vu d’esclaves. Aujourd’hui, le pétrolier indemnise donc des ectoplasmes qui n’ont jamais existé. Retour sur cette affaire et portrait d’un futur candidat aux élections présidentielles. Afin d’éviter un procès, la société Total accepte de verser 10 000 euros à chacun des sept Birmans qui l’accusent d’avoir été contraints de travailler gratuitement pour elle sous la menace de l’armée birmane en 1995. Ces exactions ont eu lieu en 1992-1998 sur le chantier du gazoduc Yadana, construit par Total et une compagnie américaine pour relier un gisement maritime birman à la Thaïlande. Total accepte aussi de consacrer 5,2 millions d’euros à l’indemnisation d’autres personnes qui pourraient justifier d’un emploi comme travailleur forcé et à des « actions humanitaires collectives pour l’habitat, la santé et l’éducation ».

En 2002, Total avait fait appel à Bernard Kouchner pour la cautionner. Dans un rapport payé 25 000 euros, Kouchner avait affirmé que la compagnie pétrolière, contrairement à ce que certains esprits « mal informés » ont pu supputer, avait en réalité lutté contre le travail forcé en Birmanie Cette volte-face du pétrolier ne surprendra pas ceux qui ont lu ce que j’écrivais il y a presque deux ans. Au contraire, ils trouveront que bien des informations sont toujours occultées par la presse et que le rôle de Kouchner est singulièrement édulcoré au moment même où les colonnes dégoulinent de ses dernières déclarations : « Je suis prêt pour les présidentielles de 2007.

Pardon de me citer ci-dessous, mais il importe de rafraîchir les mémoires et de compléter le dossier.

Kouchner et les tyrans sanguinaires.

Bernard Kouchner, défend le droit des peuples, traque l’oppression, partout et sans se tromper. Ami des pauvres, il vit chichement avec son épouse, Christine Ockrent. Le tarif de celle-ci pour animer une demi-journée de réunion est seulement de 18 000 €. Lui (Le Monde du 6 janvier), déclare se contenter de 12 500 € pour une conférence.

Militant de la guerre en Irak et du PS, Kouchner était, le 29 septembre 2003, à la soirée anticubaine organisée par l’officine « Reporters sans frontières » au théâtre des Champs-Elysées.

Quelques mois plus tôt, empochant 25 000 € versés par Total, il avait pondu un rapport affirmant que ce groupe pétrolier ne pouvait aucunement être mis en cause pour son comportement en Birmanie.

Or, la terrible vérité est la suivante si l’on en croit la presse, des témoins directs, d’autres compagnies pétrolières, divers groupes multinationaux, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, l’Organisation Internationale du travail, l’Union Européenne, l’ONU et la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale française. Cette dernière a publié un rapport d’information (N° 1859 du 13 octobre 1999) sur « Le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental ».

La junte birmane, parvenue au pouvoir après un coup d’Etat qui a renversé en 1988 le gouvernement démocratiquement élu, est couramment décrite comme une narco-dictature, La Birmanie est un lieu de non-droit propice à toutes les violences, tortures, arrestations arbitraires, viols, fabrication et commercialisation de drogue, rackets, blanchiment d’argent (Lire F. Christophe « Total entre marée noire et blanchiment » éd. Golias).

En 1990, les généraux se risquent à organiser une consultation électorale. Hélas ! pour eux, elle consacre la victoire de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), dirigée par Mme Aung San Suu Kyi. Aux 82% des voix obtenues par l’opposition, la junte militaire répond par un nouveau coup d’Etat, suivi d’une féroce répression avec emprisonnement de milliers de démocrates et assassinats de chefs de l’opposition.

L’opposition birmane demande à la communauté internationale de ne pas aider les généraux putschistes à se maintenir au pouvoir. Comment ? En coupant les pompes à finances. Il faut en effet savoir que l’armée birmane absorbe 40 % du budget du pays. Elle compte 400 000 hommes et ne cesse de se moderniser. Pourquoi une armée si importante, alors que la Birmanie ne se connaît pas d’ennemi extérieur ? Pour mater l’ennemi intérieur, son propre peuple.

Le projet gazier « Yadana », du nom du lieu où se trouve le gisement, rapportera aux militaires plusieurs centaines de millions de dollars par an. Mais ils n’ont pas les moyens financiers et techniques permettant de le mener à bien. La junte cherche un partenaire capable d’épauler la compagnie d’Etat : la Myanmar Oil & Gas Entreprise (la MOGE). Total signe un contrat avec la junte en 1992. Mais l’exploitation du gisement nécessite d’autres capitaux. C’est ainsi, que les militaires vont contacter la compagnie américaine UNOCAL (l’Union Oil of CALifornie corporation). C’est la même compagnie qu’on retrouvera en Afghanistan pour y construire un gazoduc. Ce projet nécessitait un pays pacifié et « tenu » par un pouvoir fort. De là, l’aide accordée à l’époque par les USA aux Talibans pour la conquête du pouvoir. Bon, les compagnies pétrolières ont la puissance financière et technique suffisante pour exploiter le gaz. Reste la question des débouchés. Par bonheur, un pays voisin, la Thaïlande, recherche une source d’énergie pour alimenter une centrale électrique dans la région de Kanchanaburi. Un accord va être passé entre Total, UNOCAL, MOGE et la compagnie thaïlandaise PTT-EP (PeTroleum authority of Thaïland Exploration Production public). Le consortium a désormais pour tâche prioritaire de construire un gazoduc qui traversera la Birmanie d’est en ouest sur soixante kilomètres. Gros travaux. Et gros problème.

En effet, le tracé du gazoduc traverse une zone de guérillas. Sur leur territoire, deux ethnies, les Mons et les Karens sont en rébellion depuis des décennies contre le pouvoir de Rangoon. Le consortium pétrolier exige une « sécurisation » de la zone. Des observateurs affirment que les pétroliers auraient apporté un soutien logistique aux militaires pour le transport des troupes par hélicoptères.

Il semblerait en tout cas qu’un des sous-traitants, la compagnie Héli-Union qui accomplissait ces missions pour Total sur les plates formes pétrolières, a rendu ce service aux militaires birmans. Elle a effectué des vols de transport pour l’armée birmane et pas forcément dans la zone du gazoduc. L’armée birmane n’étant pas solvable, Total aurait réglé les notes d’Héli-Union.

Toujours est-il que le nombre de bataillons en territoire Mon et Karen, à proximité immédiate du gazoduc, est passé de trois à quinze. Le gouvernement en exil dénonce alors une flagrante immixtion politico-militaire du consortium dans les affaires intérieures birmanes.

Mais il y plus grave encore. Tandis que le consortium et les militaires oeuvrent de concert, l’Organisation Internationale du Travail (L’O.I.T) enquête sur place. Les découvertes s’avèrent assez graves pour que la Birmanie soit exclue de l’O.I.T. De quoi s’agit-il ? De violations constantes aux droits de l’homme, du recours au « travail forcé ». L’O.I.T. écrit que cet abus est « massif et systématique ». D’autres organisations de défense des droits de l’homme soutiennent que Total et UNOCAL ont bénéficié du travail forcé des villageois raflés dans leurs villages par l’armée. Est-ce à dire que le consortium a directement utilisé des esclaves ? Il semble tout au moins établi que le portage des armes, la construction et l’entretien des baraquements militaires ont été dévolus aux villageois. Or, à quoi servait cette infrastructure ? Au consortium pétrolier. Mieux, John Imle, qui n’est rien moins que le président UNOCAL, affirme que le partage des tâches, pour être tacite, n’en était pas moins réel. Des témoins affirment que des porteurs utilisés par l’armée étaient payés par Total.

Mieux, une mission parlementaire française est envoyée sur place pour enquêter. Extraits de son rapport : « Il apparaît factice de séparer la construction du Gazoduc, qui nécessitait l’embauche d’une main-d’œuvre qualifiée et des moyens techniques considérables, des mesures prises par le régime birman pour assurer sa sécurité. Or, ce sont ces mesures de sécurité qui ont généré du travail forcé et des déplacements de population dans la zone. … Total et UNOCAL n’ont pas volontairement utilisé du travail forcé pour la construction du gazoduc, mais en ont indirectement bénéficié, en raison de la militarisation de la zone ».

En conséquence, la mission parlementaire recommande (en vain) que Total « fige » ses activités en Birmanie. Quant à UNOCAL, elle fait l’objet d’un recours en justice aux Etats-Unis. L’avocat des plaignants remarque que les villageois ont été obligés de travailler et ont été payés par les étrangers. Cela démontre que l’armée birmane était impliquée dans le projet de gazoduc et qu’elle était présente dans les opérations de nettoyage préalable à la construction des infrastructures nécessaires au chantier (routes, héliports).

Les exactions militaires dans une douzaine de villages à l’occasion de ce chantier ont également été dénoncées par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) qui font état de déplacements de populations manu militari et même d’exécutions sommaires. Le scandale est tel que le gouvernement belge a alors décidé de ne pas renouveler un contrat de six cents millions de francs français avec la compagnie Total pour cause de « collusion » avec le régime de Rangoon.

Dans une déclaration au quotidien Le Monde en juillet 1996, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, place Total au premier rang des soutiens dont bénéficie le régime de Rangoon.

Enfin, l’Union Européenne, l’ONU et même les Etats-Unis, ont dû prendre des résolutions à l’encontre de la junte. Plusieurs multinationales, craignant d’être éclaboussées (ce qui nuit au bisness), quittent la Birmanie en invoquant le « manque de démocratie ». Citons : Texaco, Atlantic Richfield, Arco, Pepsi Cola, Levi’s, Interbrew, Carlsberg, Heineken, Reebok, C & A, Hewlett Packard, Eastman Kodak. D’autres, comme Unilever ont cité la Birmanie comme étant un pays où ils ne feraient pas commerce. Il en va de même de Shell et Exxon. Total reste sur place. Et que dit l’ONU ? Une déclaration de son Rapporteur spécial en avril 1999, reprend les mêmes accusations avec des éléments aggravants :

« La situation des droits de l’Homme à l’Est de la « Birmanie » est extrêmement préoccupante. La stratégie d’affrontement poursuivie par les militaires à l’encontre des minorités conduira inexorablement à une véritable catastrophe humanitaire. Un demi million de personnes ont été déplacées et plus de 100 000 personnes se sont réfugiées en Thaïlande. »

Tous les faits rapportés plus haut sont connus et dénoncés depuis des années dans le monde entier. Kouchner, lui, enquête en Birmanie en 2002 aux frais de Total et il nous rassure : aucun esclavagisme. « Je suis sûr à 95 % que les gens de Total ne sont pas capables de faire ça ». Des enfants esclaves ? Que nenni car « les tuyaux des pipe-lines sont trop lourds pour être portés par des enfants » (sic).

Mais voici que Total reconnaît avoir dû protester contre les méthodes de l’armée birmane, que lors d’un débat dans une FNAC à Paris, le pétrolier confesse tardivement avoir indemnisé 400 birmans, forcés au travail par l’armée sur le gazoduc.

Voici qu’un témoin affirme avoir vu l’armée obliger des villageois à déminer le terrain avec leurs pieds et sauter sur des mines.(1) Kouchner ne sait rien de tout cela.

Impitoyable pourfendeur de Cuba où jamais l’armée ne s’est tournée contre son peuple, ni ne pratique la torture, le viol, le racket, où les paysans ne sont pas utilisés comme chair à mines, où les enfants sont à l’école et pas sur des chantiers, où les richesses ne sont pas confisquées par une minorité ou bradée à une autre puissance, où les opposants ne sont pas assassinés aux coins des rues, où l’espérance de vie est la plus longue de tous les pays pauvres, Kouchner, tout seul contre le reste du monde, absout Total au pays des tyrans sanguinaires.

Voici que la Fédération Internationale des Droits de l’Homme regrette son comportement dans cette affaire au moment où le groupe (un des plus riches du monde) « doit enfin rendre des comptes à la justice ».

Peu lui chaut ! L’homme brigue l’Elysée et il n’est pas impossible, si ses compromissions honteuses ne sont pas dénoncées partout, qu’il devienne un jour, pour notre plus grande honte, notre président (au terme d’une campagne électorale dont on se demande bien qui la financera). MV

(1) Le chef de la sécurité du gazoduc, un ancien capitaine de la Légion étrangère, Jean-Claude Knappe, avait révélé au Figaro en décembre 2003 la pratique du « déminage humain » : « L’armée birmane forçait les villageois à marcher dans le corridor du gazoduc truffé de mines antipersonnel ». Par ailleurs, ayant lu mon article, Francis Christophe auteur de l’excellent et courageux « Total entre marée noire et blanchiment » aux éditions Golias) m’a téléphoné et m’a expliqué la raison de cette pratique barbare : l’Armée birmane rafle les animaux et les vend. Pour elle, un animal vaut donc plus qu’un paysan. (Cette note de bas de page est ajoutée ce jour à mon texte initial. MV).

d’autres sources sur la collaboration de kouchner total et la junte fasciste birmane

http://www.birmanie.net/birma/11_presse_birmanie.html

Mr COUCHNER .

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche
21 juin, 2007
OUI , COUCHNER MENTAIT…



Par Pierre BOUKHALFA le mercredi 20 juin 2007, 22:15 - Média - Lien permant

Le Galopin N°32 d'avril 2005 reprenait aussi un article du journaliste belge Michel Collon. Encore une fois c'est très instructif…

Le co-auteur d'un des plus gros média-mensonges des années 90 vient d'avouer. Instructif pour l'avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes…
Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub frappante et coûteuse. Le photo-montage présente des « prisonniers » d'un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l'image d'un mirador d'Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d' « exécutions en masse ».
Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre auto-publicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l'époque à Sarajevo), sur son lit de mort :
- Kouchner : C'étaient d'horribles lieux, mais on n'y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
- Izetbegovic : Oui. L'affirmation était fausse. Il n'y avait pas de camp d'extermination quelle que fût l'horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.
Ce média-mensonge a effectivement fait basculer l'opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l'avait diffusé massivement Mais le récent démenti est passé sous silence. Le public ne peut savoir qu'il a été roulé. Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales :
1° Kouchner savait-il bien plus tôt ? Réponse : Oui. Jacques Merlino, journaliste à France 2, révèle la supercherie en 1993 dans un livre au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » où le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques, très fier, avoue avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d'extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B'nai B'rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l'opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu'il se passait en Yougoslavie, mais d'un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. » En mentant, note Merlino ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. » Donc Kouchner savait depuis longtemps et ce n'est pas joli - joli d'à présent mettre toute la faute sur le dos d'un mort.
2° Les médias ont-ils enterré les preuves de la supercherie ? Réponse : Oui. Un journaliste allemand Thomas Deichman montre dès 1994 que l'image des barbelés est truquée, que les « prisonniers » ne sont pas enfermés. En fait, elle est tirée d'un reportage ITN où ils déclarent être bien traités, mais la journaliste coupe ces déclarations ! On trouve l'affiche de Kouchner, les commentaires de Deichmann, et l’exposé des trucages dans le livre Poker menteur (1998). http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg. Dans un reportage-vidéo « Sous les bombes de l'Otan » (1999), sont aussi présentées les images d’une télé locale qui démontrent la tricherie du reportage ITN.
3° Kouchner a-t-il été protégé, même par des « critiques de médias » ? Réponse : Oui. Un exemple : Daniel Schneidermann (Arrêts sur images, France 5) a contacté Michel Collon sur ce dossier, puis l’a écarté du débat pour ne pas nuire à Kouchner. On n'a pas non plus interrogé ses média-mensonges sur le Kosovo et son bilan catastrophique dans cette province. Nous disons bien : média-mensonges, et non erreurs. Son plan de carrière visant le poste de secrétaire - général de l'ONU, il lui faut tout faire pour plaire aux USA.
4° Pourquoi fallait-il présenter une histoire « simple », mais fausse ? Pour cacher la responsabilité des grandes puissances occidentales dans ce conflit :
- Dès 1979, la CIA allemande soutient des extrémistes pour faire éclater la Yougoslavie.
- En 1989, le FMI met la pression néo-libérale pour éliminer l'autogestion et les droits travailleurs, excitant la crise et les nationalismes.
- En 1991, l'Allemagne arme les extrémistes croates et musulmans avant la guerre.
- De 1992 à 1995, les USA prolongent délibérément le conflit, comme en atteste l'envoyé spécial européen en Bosnie, lord Owen. http://www.michelcollon.info/reponses_tm.phpPour quels intérêts, toutes ces manœuvres ? Eliminer un système social trop à gauche, mais aussi contrôler les Balkans stratégiques et les routes du pétrole.
5° S'agit-il de nier tous les crimes commis ? Pas du tout. Mais quand nos gouvernants veulent nous entraîner par une propagande de guerre « bons contre méchants », il importe de repérer leurs intérêts cachés. Et leurs trucages d'infos. Par exemple, s'agissant des camps de prisonniers en Bosnie, l'ONU en a recensé 6 croates, 2 serbes et 1 musulman. Et c'étaient des camps de regroupement en vue d'échanges, non des camps d'extermination. Mais les nationalistes croates et musulmans étant “nos” alliés, ou plutôt “nos” agents, Kouchner, Bernard-Henri Lévy et autres invités médiatiques permanents les ont mensongèrement blanchis. Il faudra juger les criminels de guerre. Tous les criminels de guerre, dans tous les camps. Mais pas par des tribunaux bidons mis sur pied par une justice des vainqueurs où les USA et l'Otan se placent d'office au-dessus de la loi et même carrément hors-la-loi puisqu'ils violent la Charte de l'ONU à tour de bras.
6° Y a-t-il eu d'autres média-mensonges « réussis » dans cette guerre ? Oui. Exemple en 1999 : l'Otan commence à bombarder la Yougoslavie en affirmant réagir à ce qu'elle appelle « massacre de 40 civils » par l'armée yougoslave à Racak, village du Kosovo. Mais Belgrade parle d'un combat entre deux armées, provoqué par les forces séparatistes albanaises. L'ONU commande un rapport à une commission de légistes dirigée par un docteur finlandais, Madame Ranta, qui confirme la thèse de Belgrade. Aucun média n'en a parlé. Le média-mensonge reste intact pour l'opinion. Pourquoi ? Parce que les média-mensonges de Kouchner, BHL et Cie ont permis de diviser la gauche et l'empêcher de s'opposer à une guerre en réalité injuste. L'opinion publique, ça se travaille. Et la prochaine fois, ça recommencera…

AU SECOURS ! ( 3 )

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche


Il faudrait une convergences des luttes, mais je ne vois pas trop pour l’instant de frémissement !

c’est tellement déroutant de se retrouver dans ce piteux hexagone …

Les abstentionnistes doivent j’espère se mordre les doigts ??

Car on a joué le gros lot !! m’a- tu vu, menteur etc….

C’est déprimant !! mira

AU SECOURS ! ( 2 )

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche
On aimerait bien que tout le monde se réveille, mais ensemble, avant qu’il ne soit trop tard. Il marche sur toutes les plate-bandes, sans se soucier de l’affront qu’il fait aux uns et aux autres.

En fait, il n’est pas un homme politique, tout au plus un vrp de l’ump et surtout de la connerie.

On a déjà donné avec Giscard, les américains ont Bush, faudrait arrêter maintenant, ce genre de mauvais choix nous coûte trop cher à tous. Je crains qu’on finisse comme la Birmanie dans une révolte populaire, les moines en moins.

On y viendra, croyez-le et c’est pas ses conseillers en communication, complètement incompétents qui y pourront quelque chose.

AU SECOURS !

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche
Sarkozy salue Gorz ! au secours ....

Décidément Sarkozy est partout ... Il est le représentant de commerce du nucléaire "made in france" via Areva qu’il destine peut être à son ami Bouygues ? salue sans sourciller le destin singulier d’André Gorz, anticapitaliste avéré et écologiste (ardemment contre l’industrie nucléaire entre autres). alors qu’il a pour projet une politique à l’opposé des idées de Gorz !

Cet homme s’empare de tout et brouille les pistes sans cesse : il est abominable.

Cet attrape-nigaud va-t-il pouvoir leurrer longtemps ? les français globalement anesthésiés vont-ils se réveiller ??

mira


De : mira
mardi 25 septembre 2007

C'est la faillite : POUR QUI ?

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche
Présentation du budget 2008 : La faillite au secours de l’impopulaire rigueur

Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 25 septembre

Au moment de la présentation du Budget 2008, François Fillon a estimé que l’heure est à la « faillite ». Plus qu’une simple maladresse, le mot lâché par le Premier ministre est mûrement réfléchi.

Pour le Premier Ministre, l’aveu est de taille. L’Etat des dépenses publiques serait donc proche de la cessation de paiement et on entend déjà le liquidateur judiciaire tambouriner à la porte !

Quelle comédie que celle que nous livre le Premier Ministre ! Et, fait inhabituel, le Président de la République fait preuve, à ce sujet, d’une remarquable discrétion. L’objectif est simple, faire passer l’idée si impopulaire de rigueur pour le seul choix possible. Car il faut bien compenser les largesses accordées cet été aux plus riches avec les 15 milliards de cadeaux fiscaux. Quand la croissance n’est pas au rendez-vous, les Français doivent passer à la caisse.

Cinq mois après une campagne présidentielle menée sabre au clair sur la thématique, « je veux, j’aurais », le réveil promet d’être brutal pour des français qui ne pourront que constater le retour à une orthodoxie budgétaire des plus classiques. La droite reste en cela fidèle à elle-même, sévère avec les plus faibles et pleine de mansuétude pour les plus riches.

Parti communiste français

Paris, le 25 septembre 2007

Dérive militariste du pouvoir .

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche
Dérive militariste du pouvoir : l’escalades guerrières

Mis en ligne : 25 septembre
Le nouveau cours de la diplomatie de la France constitue incontestablement une rupture avec la politique suivie, avec plus ou moins de constance, par toutes les équipes qui se sont succédé au pouvoir. Jusqu’à ces derniers mois, un certain consensus hérité du gaullisme transcendait les majorités, depuis que la France a quitté l’OTAN en 1966.

Paris marquait sa volonté de faire entendre sa voix propre dans un monde divisé en deux blocs opposés engagés dans la fuite en avant du surarmement. Si , depuis, le monde est devenu unipolaire, il n’en est pas moins dangereux. Les années 1960 et 1970 saignèrent de la guerre du Vietnam, le début du XXIe siècle est marqué par le désatre irakien.

En 2003, la France exprimait son refus de la catastrophe annoncée, s’opposait à george Bush au Conseil de sécurité de l’ONU. Une position courageuse, soutenue dans le monde entier. La suite des événements a montré de quel côté était la clairvoyance. Aujourd’hui, c’est de Paris que partent les premières salves d’une possible campagne de bombardements contre l’Iran.

Le peuple américain désavoue George Bush, le nouveau premier ministre britannique prend ses distances avec le suivisme de Tony Blair et voilà que le maître finissant de la Maison-Blanche trouve de nouveaux porte-parole ou plutôt de nouveaux porte-flingue en la personne de Sarkozy et celle de Kouchner.

Dans le même mouvement dérivant, la droite se prépare à faire réintégrer la France dans toutes les instances de l’OTAN, à faire de notre pays une nouvelle province de l’Empire.

Pour leur part, les communistes s’associent pleinement à l’appel solennel du Mouvement de la Paix à l’opinion publique pour dire « non » au militarisme. Avec la même force et les mêmes ambitions qu’en 2003.

Déclaration du PCF : le PCF condamne une confirmation dangereuse de la politique atlantiste de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner

Hommage à Jean Catelas .

Posté le 25.09.2007 par rassemblerlagauche


Par Olivier Dartigolles le lundi 24 septembre 2007, 13:43 - Lien permanent

__Hommage à Jean Catelas, Amiens, le23 septembre 2007.__

Intervention d'Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF.

Chers camarades, Mesdames, Messieurs,

Le 24 septembre 1941, Jean Catelas était guillotiné à la suite du verdict du tribunal spécial créé par Vichy, pour satisfaire aux ordres de l’occupant allemand, en représailles de l’acte de résistance du colonel Fabien. Chaque année, et c'est tout à son honneur, la Fédération de la Somme honore la mémoire du député Picard du Front populaire

Chacun sent bien que ce 66ème anniversaire prend une dimension particulière, en raison de choix du président de la République de rendre un hommage national à Guy Môquet, fusillé à Châteaubriant, dans des circonstances et pour des causes analogues un mois après l'assassinat de Jean Catelas.

La mise à mort du jeune lycéen Môquet et du cheminot picard Catelas par l’Etat Français ne repose que sur cet unique motif : leur appartenance au Parti Communiste. Au lendemain de la grande tuerie de la Guerre de 14, l’aîné, Jean Catelas, qui fit la quasi totalité de la guerre au front et participa à la bataille de Verdun, est parmi ceux qui traduisent leur dégoût de la guerre et de la faillite de la IIe Internationale en adhérant à la IIIe Internationale et au nouveau Parti communiste. Il s’y distingue rapidement, prolongeant son engagement au syndicat avant d’être l’un des 72 députés communistes élus en 1936, lors des élections qui voient la victoire du Front Populaire. Refusant de laisser se développer le danger du fascisme et de la guerre en Europe, Jean Catelas s’engage dans les Brigades internationales. Avec ses camarades de la Brigade « La Marseillaise », il participe à la bataille de l’Èbre du 14 juillet 1938, et sera un des derniers à quitter le sol espagnol en compagnie de la Pasionaria, avant que la nuit du franquisme ne s’abatte, pour 40 ans, sur l’Espagne, victime de la non-assistance à République en danger. Déchu de son mandat de député en 1939, il entre dans la clandestinité avant d’être condamné par défaut puis arrêté, le 14 mai 1941.

Fils d’un autre député communiste arrêté dès octobre 1939, Guy Môquet n’a que le temps de s’engager dans les jeunesses communistes. Il est arrêté pour activités communistes, peu après son père, le 13 octobre 1940, à l’âge de 16 ans.

Dans la période terrible qui, entre 1939 et 1941, voit s’enchaîner le pacte germano-soviétique, la « drôle de guerre », comme on dit puis la guerre, la défaite et la déliquescence de la République au profit du régime fasciste de Vichy, les communistes sont les premiers à subir la répression, jusqu’à la mort. Ces deux noms, Jean Catelas et Guy Môquet, en sont des figures exemplaires.

Qu'on me permette ici de faire quelques remarques à partir de leur double histoire. Tous deux, je l'ai dit, sont arrêtés entre l'été 40 et l'été 41. Nous sommes alors dans la période la plus noire de la guerre. Apparemment aucun espoir n'est permis. La France s'est effondrée. Hitler a gagné sur tous les fronts. Mussolini fanfaronne. Franco éructe. Les complices du Führer sont au pouvoir à Budapest, à Bucarest, à Helsinki, à Lisbonne. La dictature fasciste semble s'imposer partout en Europe, du Nord au Sud, de l'Atlantique aux frontières soviétiques ; le drapeau nazi flotte sur Berlin et Paris, Varsovie et Prague, Belgrade et Bruxelles, Oslo et Copenhague ; les ultras triomphent en Asie avec le Japon impérial. Même la Grande Bretagne, seul vrai lieu de guerre alors, semble bientôt devoir s'effondrer sous les bombardements allemands. La peste brune se croit installée pour des siècles, pour toujours ! Et c'est au plus profond de cette nuit barbare que des gens osent se lever, dire Non, non au nazisme, non à ses vassaux collaborateurs. Ils ne sont alors qu'un tout petit nombre mais ils défient les pouvoirs, appellent à ne pas se laisser faire. Leur courage est proprement bouleversant. Ils sont un exemple formidable de courage et de dignité humaine. Les engagements de jean Catelas et de Guy Môquet montrent bien que les communistes, aux côtés d'autres progressistes, de chrétiens, entrèrent en résistance avant juin 1941, date de l’entrée en guerre de l’URSS, contrairement à une rumeur persistante qui prétend le contraire. Dès l'automne 40, le jeune Môquet distribue des tracts et inscrit sur les murs des slogans disant: Hitler fauteur de guerre! Non la misère! Non aux collabos! C'est le 10 juillet 1940, peu après l'Appel de Londres du général de Gaulle, que le PCF lance un « Appel au peuple de France »! C'est l'été 40 que se reconstitue la jeunesse communiste et dès l'automne 1940 ont lieu les premières actions des « bataillons de la jeunesse », organisation communiste clandestine. C'est le 11 novembre 1940 qu'a lieu la première grande manifestation contre l'Occupant à Paris! C'est en mai 1941 que le PCF lance un appel à la constitution d'un mouvement patriotique, le « Front national de lutte pour la liberté et l'indépendance de la France » ! C'est du 26 mai au 11 juin 1941 que se déroule la grève des mineurs du Nord Pas-de-Calais. J'ajoute qu'à la même époque Jean Catelas et ses amis syndicalistes se remobilisent. Lui-même remet sur pied en juillet 1940 la direction clandestine des cheminots.

Qu'une partie de la direction communiste prenne, ces mêmes mois, des initiatives condamnables et que nous avons depuis condamnés (guerre qualifiée d'impérialiste, demande de légalisation de L'Humanité) n'enlève rien à ce fait d'évidence: Jean Catelas, Guy Môquet ont ouvert, avec d'autres, la voie à la Résistance française.

Les drames que vont vivre Jean Catelas et Guy Môquet sont des drames franco-français. C'est l'Etat français qui donne la chasse aux députés PCF et fait arrêter ces parlementaires dès octobre 1939. C'est un député français, François Chasseigne, qui le 16 janvier 1940, demande la peine de mort contre les communistes. Il précise que cela doit se faire, je cite, « sans autre forme de procès » et avec « pour certains d'entre eux, le coup de pistolet derrière la nuque ». C'est un autre député français, Georges Barthélemy, président de la commission chargé de la « déchéance » des députés du PCF, qui précise le 20 février, toujours de la tribune du parlement : « Thorez, Catelas et tant d'autres devraient non pas subir le feu d'un peloton d'exécution, ce serait leur faire trop d'honneur, mais être poussés sous le couperet de M. de Paris ». Un an plus tard, il pourra être satisfait : Catelas est guillotiné sur décision des juges de Pétain et de Laval.

Et c'est le même scénario que l'on retrouve avec Guy Môquet: ce sont des policiers français qui l'arrêtent gare de l'Est, ce sont des juges français qui le maintiennent en prison, ce sont des gendarmes français qui le gardent au camp de Châteaubriant, c'est un sous-préfet français qui participe à la désignation des otages du 22 octobre 1941, dont le jeune Môquet. Autrement dit, c'est une droite et une extrême droite revanchardes qui se chargent de la chasse aux communistes, qui exécutent elle même ou livrent ses victimes au bourreau nazi.

Mais il faut dire plus encore : ces crimes contre nos camarades ressemblent à s'y méprendre à des crimes de classe. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, le sinistre Pierre Pucheu, était lui-même un patron enrichi dans l'import-export, très proche des milieux dirigeants du patronat, le MEDEF de l'époque en quelque sorte. Lui et les siens avaient côtoyé les dirigeants syndicaux lors des grandes négociations du Front populaire. Ils n'avaient pas digéré les formidables avancées sociales de l'époque, qui rognaient sur leurs profits et leur pouvoir. « Plutôt Hitler que le Front Populaire » répétaient-ils depuis. Avec l'effondrement de la République et l'installation de la clique de Pétain, leur rêve se réalisait, en somme ; rêve de revanche sociale, rêve d'effacement du cauchemar que fut pour eux le Front populaire, avec ses usines occupées, ses augmentations de salaires, ses 40 heures, ses congés payés. Ils prenaient leur revanche dans sa forme la plus radicale, la plus définitive : la mort pour les représentants du monde du travail coupables d'avoir revendiqué leurs droits. Ces gens se soumettaient sans peine à l'occupant, profitant de l'aubaine pour régler leurs comptes. Enfin, chers amis et camarades, le dernier enseignement que nous livre encore aujourd'hui les vies et les morts de Jean Catelas, de Guy Môquet, il est contenu dans cette phrase de Lucie Aubrac : RESISTER SE CONJUGUE AU PRESENT. En proposant la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet dans les écoles le 22 octobre prochain, Nicolas Sarkozy propose une vision dépolitisée de l'histoire, un mensonge par omission en somme. Séparer chez Guy Môquet le « patriote » du « communiste », comme le fait le Président de la République, est à la fois absurde et malhonnête. Jean Catelas comme Guy Môquet étaient portés par l'idée communiste, une idée venue de loin, sans cesse étouffée, sans cesse renaissante et qui se reconnaît simplement à son irréductible refus de l’oppression et de l’exploitation.

Est-ce parce qu’il croit cette idée morte à jamais que le Président Sarkozy se risque à faire du jeune communiste Môquet une icône pour notre jeunesse ? Peut-être. Il revient à ceux qui portent aujourd’hui l’idée communiste, à tous ceux qui gardent au cœur « la cause juste et noble, la cause humaine et belle » qu’évoque Catelas dans la dernière lettre à sa femme, de remettre sur pied cette histoire, d'ouvrir un nouveau chapitre. De faire passer la flamme de l'indignation de génération en génération. De redire combien il faut savoir parfois désobéir. De réapprendre aux jeunes, qui se sentent très concernés, qui raisonnent, qui interrogent, les leçons de ses années noires. D'expliquer l'énorme générosité, l'humilité aussi qu'il y avait chez Môquet ou Catelas. De réfléchir à ce que peut signifier l'engagement. De reconstruire des droits. Reconstruire l'espoir.

Le 22 octobre prochain, dans les établissements scolaires de France, il sera question d'un môme de Paris, chahuteur et frondeur, qui allait être fusillé avec d’autres otages communistes, et qui avait une vision de l’avenir et une espérance de révolution qui l’avaient conduit à écrire sur les murs de la baraque de Chateaubriant : ” Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir”.

Comme nous l'avons été aujourd'hui, par cette initiative, en rendant hommage à Jean Catelas.
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